Le numérique, c’est compulsif, je l’ai toujours pensé. On parle de compulsion lorsqu’une tendance intérieure impérative nous pousse à accomplir une action ou à penser à une certaine idée alors que consciemment nous nous y refusons. Mais, ce n’est pas grave et il ne faut pas confondre la compulsion et la dépendance. Par exemple hier, nous avons été compulsifs jusqu’au Rhum du Guatémala.
Le numérique, c’est compulsif, car c’est basé sur deux phénomènes majeurs : L’instantanéité et l’insatisfaction.
Ainsi, 82 % des Tweets ne sont pas retweetés => INSATISFACTION
92 % de ceux qui le sont sont retweetés dans l’heure qui suit => INSTANTANEITE.
Retenez bien ces chiffres, c’est classe de les ressortir lors d’un cocktail mondain numérique.
Tout notre comportement et notre cerveau est en train d’être modifié par ces réflexes nouveaux d’hyperconnection. Nos vieux réflexes de cerveau reptilien, à base d’ADN Cro Magnon avec un soupçon de Néanderthal sont remodelés sur ces nouveaux réflexes.
L’instantanéité a par ailleurs des conséquences importantes en termes d’architecture technique, d’où le mouvement des NOSQL en Base de données par exemple. Voilà, je vous laisse.
J’aime bien cette vidéo, elle compare Photoshop à une publicité de beauté, les pixels à une crème hydratante, nos avatars seront beaux tandis que nous continuerons à siroter nos apéritifs.
Le pitch dans un ascenseur ou ailleurs devient une communication fondamentale pour l’emporter. C’est peut être à cause d’une baisse d’attention des récepteurs, c’est aussi peut être parce que nous sommes inondés d’informations, et nous ne pouvons plus qu’écouter les messages les plus efficaces.
Les récepteurs d’ailleurs, dans notre société, ne font plus d’efforts. C’est aux émetteurs d’effectuer des efforts, de s’améliorer, d’être efficaces.
Le tweet pour cela comme le titrage de post est un exercice utile. Par écrit aussi, il faut faire court et retourner l’attention. Le titre d’un post est fondamental à ce propos comme les 140 caractères d’un tweet.
L’ère de la communication courte est arrivée.
Je ne sais pas à quoi c’est dû. Mais on n’a plus le temps à rien. Est-ce dû à l’impact des nouvelles technologies ? Est-ce dû à la globalisation ? Le tempo s’est accéléré de façon continue. Est-ce dû au capitalisme lui même qui nous impose une productivité intensive accélérée ?
Les causes en sont complexes et entrelacées mais les conséquences en sont plus claires, chaque jour.
Le Président de la République en est la plus belle illustration. Il va beaucoup trop vite, apparaît comme un agité du cortex.
Les enfants aussi, ils n’ont plus le temps de vivre leur enfance. Certains veulent transformer leurs enfants en adultes, c’est tout simplement ignoble.
Les salariés du secteur privé courent aussi comme des dingues après le temps de par leur appartenance au secteur dit exposé, tandis que d’autres tuent le temps. Le travail est mal réparti mais le temps libre aussi.
Tous dans notre vie nous subissons ce phénomène de diminution. On n’a plus le temps de rien, on gère plutôt la pénurie que l’inverse. Il faut arbitrer entre le peu qu’il reste pour sa famille, ses amis, ses proches, ses obligations sociales et ses hobbies. Sans parler de ses rêves personnels ni de ses hobbies cachés.
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