La Maîtrise d’Ouvrage Informatique, rustine des Maîtres d’Oeuvre
C’est toujours étrange que cela ne soit qu’en France où l’on parle de MOA et de MOE. Cette séparation des pouvoirs et des fonctions vient du bâtiment et de ses métiers et a été imposée par les méthodes informatiques des années 70 typiquement françaises comme la méthode MERISE.
Cette séparation des travaux entre des concepteurs fonctionnels et orientés vers les utilisateurs et des techos développeurs intégrateurs amène nombre de difficultés dans les projets français et les SI. C’est même peut être aussi une des causes de perte de compétitivité nationale. Il faut alerter Arnaud Montebourg.
Car aux Etats Unis, la fonction dite de « Business Analyst », équivalente à la MOA traditionnelle est bien intégrée au sein des DSI. C’est même un critère clef de réussite mais aussi de qualité d’un bon DSI d’être fortement imprégné et orienté vers les problématiques métiers au lieu de s’arcbouter dans des sujets technos d’adolescents pubères s’intéressant à la technologie.
Or en France, c’est bien le contraire. Comme personne n’incite tous les techniciens de s’intéresser un tant soi peu aux problématiques fonctionnelles, la MOA devient un espèce de cache sexe de la nullité des MOE et des DSI en matière d’élaboration de solutions métiers pertinentes et idoines.
Imaginons un utilisateur au hasard, Nicolas, qui souhaite concevoir un jeu vidéo sur les chats type angry birds. Au lieu de travailler directement avec les développeurs en méthode Agile assisté en cela par des business analysts de bon aloi, dans une méthodologie rapide, directe et efficace, que va-t-il se passer ?
Eh bien, un système de pilotage à la noix va s’imposer à lui en lui imposant des obligations d’information / Représentation, comme l’évoque ce diagramme ci-dessus. Il va s’adresser à une MOA informatique, qui va lui dessiner un prototype POC sous forme de Gif après 15 réunions fonctionnelles de documentation sous Word.
On imagine bien la tenue d’un comité de pilotage kick off du projet avec démo du balancement du flan de chat par une MOA fière d’elle avant début de réalisation informatique.
Le Proof of concept à base de flan ne suffira pas pour autant à permettre aux développeurs de ne pas réaliser d’énormes sottises de développement. Car, ce n’est pas le tout de savoir balancer une tête de chat en flan sur une petite assiette, un jeu vidéo, c’est une autre affaire. Les techniciens ne vont s’intéresser qu’aux choix techniques sous-jacents et laisser ce pauvre Nicolas dans un effet Tunnel de longue durée. Nicolas restera endormi par les paroles rassurantes de sa MOA au lieu d’écouter son MOI profond qui lui dirait de s’inquiéter.
Car les Techos vont s’entredéchirer. Pendant ce temps là la MOA dormira en sirotant des bières car la MOA méprise la technologie en général. Ce qui est une posture bien pratique. Le résultat un système de combat de chat qui se balance en HTML 5 complètement ridicule. Nicolas sera désespéré. A charge à lui de convaincre sa hiérarchie de remettre au pot pour corriger les teneurs en lactaires du flan et le caramel.
Il est temps de redevenir pragmatique et d’aborder les projets informatiques dans une plus grande simplicité !



Son intitulé ! « Direction de la Maitrise d’Ouvrage ».
Comment distingues-tu une MOA formelle d’une MOA informelle ?
Les MOA formelles, telles que tu peux décrire, n’existent plus depuis longtemps.
Mais tu as raison sur un certain nombre de point, comme l’éloignement du technicien avec les besoins et la connerie des méthodes, des réunions, des normes, …