
1. L’illusion influente
L’enthousiasme des premières heures de bloguage donne de bonnes sensations. Tel de jeunes paons, les blogueurs naissants améliorent le look and feel de leur création, postent des textes ravageurs et provocants, attendent des commentaires erratiques, s’imaginent comme de grandes stars du web 2.0, dominants leur cercle et emportant le mental de followers asservis. Erreurs de jeunesse, tout cela mais étape obligatoire. Le passage de la 1241ème place à la 965ème donne des sensations, traversent l’échine,… Il faut bien que jeunesse se passe.
2. La désillusion quantitative
C’est au bout d’une gestation, après tant d’énergie dépensée, le constat reste coi. Car, la réalité est dure à affronter, car l’atteinte de 50 visiteurs / jour, d’un taux de rebond très élevé, et d’un passage de 2 secondes en moyenne est vécue comme une punition punitive et injuste. Mais, voilà, il faut bien se confronter à la dure réalité du web, au zetabytes infinis, nous ne sommes rien dans la fibre optique sidérale. C’est un retour à la dure réalité de la non influence.
3. La transformation sociale
Heureusement qu’à ce stade, on se retrouve connecté avec quelques addictés éminents, qui vous redonnent en réalité ou en virtualité quelques énergies à blogguer. Sans cela, c’est à dire sans réelle communauté, cette étape peut terminer en une mort lente d’un blog. L’énergie des autres, immortalisée dans des commentaires, liens et Retweets donnent une nouvelle jouvence au blogage. C’est une étape de transformation d’une activité numérique en un lien social. Heureusement d’ailleurs.
4. L’addiction rampante
C’est aussi à ce moment là que l’addiction prend sa place. Car après 18 à 24 mois de blogages intensifs, on se retrouve à avoir besoin de blogguer de plus en plus, sans raison ni objectif si ce n’est celui de publier des textes plus ou moins longs à titre gratuit et à destination d’inconnus. Période aussi d’essoufflement, parfois de perte d’énergie totale comme un junkie en manque de dose. Arrêter à ce stade est une décision sans cesse repoussée, car à quoi aurait servi toute cette créativité cumulée. Il y a aussi une accentuation sur la réalité et la qualité du texte.
5. La maturité finale
On devient un caïd du blogage, le style est épure, plus de gadget, moins de widgets. De jeunes blogueurs vous draguent pour du backlinck de rétrocession, la plume est acérée, les commentaires bien contrôlés, c’est du tout bon. Reste que l’objectif est indiscernable, c’est toujours une activité sans but qui a assailli la vie du blogueur. Cela en valait-il vraiment le coup ?
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