« Ce soir-là, il avait décidé de jouer du Coltrane. Son #FF n’avait pas fonctionné pour elle. Pourtant, il avait porté sa plus belle croix sur son torse velu. Il avait exprimé les souhaits qu’il dominait au plus profond de son coeur. Mais, un blogueur l’avait RT malencontrueusement, tout était perdu pour cette soirée… »
C’est donc bien fini pour notre story telling habituel. Dans l’ancien monde, l’auteur prévalait sur la scène, le créateur mettait en scène le début, la narration et la fin. L’auteur dominait l’audience.
Maintenant l’auteur d’une histoire peut être une personne dont c’est l’intention initiale ou un posteur quelconque souhaitant donner des nouvelles, son réseau et le réseau de son réseau créant autour encore des nouvelles, des ramifications avec des commentaires, des tweets, des rebonds.
Il faut donc laisser l’histoire porter par les membres des réseaux, avec tout de même un peu de direction pour ne pas aller n’importe où. L’audience directe où à plusieurs degrés devient cocréative, l’audience transforme refaçonne l’histoire, tout passe entre les mains des gens. La vox populi d’une certaine manière a retrouvé ses prérogatives, le many to one, l’initiateur remplace le one to many.
Le #FF a été inventé par un certain Micah Baldwin, un évangéliste geek, gros et totalement inconnu du bataillon. Passons.
A l’origine, soi disant élitiste et qualitatif, il serait devenu quantitatif et médiocre.
Y a t-il un réel intérêt de #FF des personnes qui RT ou de #FF “les amis du web” ? Le Follow Friday n’a t-il pas vocation à faire découvrir chaque vendredi des personnes différentes?
Le #FF est une ineptie profonde.
Pourquoi déjà le Vendredi et pas tous les jours ? C’est le jour du poisson ?
Pourquoi dire à des inconnus de suivre d’autres inconnus ?
Imaginez que vous êtes dans la rue, un Vendredi et vous criez à des inconnus qui vous suivent de suivre d’autres inconnus ? C’est absurde.
Cela me donne l’idée d’ailleurs de réaliser des clips qui transposerez dans la vie réelle ce que l’on fait sur les réseaux sociaux. Le résultat serait assez marrant.
Le monde des réseaux sociaux est pétri de politesses aussi. Le #FF en est devenue une comme « S’il vous plaît » dans la vie réelle. C’est un truc de dames patronesses en fait.
Il est temps enfin de lancer le mai 68 du #FF et d’unfollower des humains. @Jegoun nous montre l’exemple.
Hier, j’ai négocié avec une boite indienne dont le commercial fort sympathique était un descendant de guerriers Sikhs. Il paraît qu’ils sont très bons en web développement.
J’avais du mal à garder mon sérieux même si le gars était très concentré et professionnel et sa boite apparemment super compétente.
Il arrivait de Philadelphie avant de repartir je ne sais où.
En effet, cela m’a projeté dans des BDs d’adolescent type Blake and Mortimer. Tant que les Anglais avaient colonisé l’Inde, ils employaient ces guerriers Sikhs comme tueurs, c’était des types très courageux et redoutables comme sur cette photo, ce Baba Sianh Singh.
Ce monde global nous réserve des situations complètement absurdes.
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